MAURICE RAYMOND, ARTISTE MODERNE QUÉBÉCOIS ET CANADIEN

maurice_raymondCe site a pour but de faire connaître Maurice Raymond de l’École de Montréal et ses œuvres.

Voici quelques éléments de la vie de Maurice Raymond.

Il naît à St-Henri, île de Montréal, sur la rue Laporte le 23 juillet 1912.  À sa mort, en mars 2006, il vivait à Longueuil. Son père, Raoul Raymond, est natif de Chambly et sa mère, Isidoria Courville, vient d’Ottawa. Il étudie à l’École des Beaux-arts de Montréal de 1930 à 1936.  En 1941, il obtient une bourse d’études du Gouvernement de la Province avec laquelle il étudiera aux États-Unis pendant un an : New York, Chicago, Philadelphie, Washington.  À son retour, il est engagé comme professeur de composition picturale à l’École des Beaux-arts de Montréal où il côtoiera ses anciens maîtres MM Charles Maillard, Henri Charpentier, Maurice Félix, et Joseph Saint-Charles, etc. de même que ses confrères Stanley Cosgrove, Alfred Pellan, Albert Dumouchel, Jacques de Tonnancourt, Jean Simard, Jacques Folch-Ribas François-Marc Gagnon, Claude Jasmin, Robert Élie et bien d’autres. C’est en 1945, au Concours artistique de la Province de Québec, qu’il sera lauréat du premier « Grand Prix de Peinture » avec le Christ en croix acquis par le Musée national des beaux-arts du Québec. Parmi les cinq membres du jury, on retrouve Fernand Léger et le père Couturier.

Durant 4 mois, en 1950, un voyage très stimulant l’amène en France, en Angleterre et en Italie.  De 1957 à 1965, il sera directeur des études de son alma mater.  Au cours de cette période (1962-63), il reçoit une bourse du Conseil des Arts du Canada et retourne en Europe.  De 1966 à 1977, il reprend l’enseignement qu’il quittera définitivement en 1977 à sa retraite de l’Université du Québec à Montréal dans laquelle s’était fondue l’École des Beaux-arts en 1969.  Il entreprend des recherches sur la couleur en 1970 qui déboucheront sur la publication, en 1977, de Fixité relative des principales matières picturales.  Enfin, pendant tout ce temps, il poursuit sa production picturale que la maladie interrompt en 1996.

Parmi quelques réalisations, notons entre autres : plusieurs illustrations parues dans le journal La Province, quelques timbres pour la Société St-Jean-Baptiste, une bande dessinée illustrant le roman d’Adélard Dugré « La Campagne canadienne », exécutée à la fin des années 30 et parue plus tard dans le Droit d’Ottawa puis reprise dans Ave Maria, revue des jeunes (février 1943); une contribution à la réalisation de murales monumentales pour le Pavillon canadien à l’Exposition universelle de New York, en 1939, sous la direction de Edwin Holgate et de Albert Cloutier en compagnie de Stanley Cosgrove.  L’illustration d’  » Histoire de France  » de René Ristelhueber, ambassadeur de France au Canada, éditions Variétés, Montréal, 1945; la décoration de l’église de St-Henri en collaboration avec Stanley Cosgrove et Raymond Pelus (cette église est actuellement détruite); l’expérience  » Canadart  » en 1950: créations personnelles utilisées comme motifs imprimés sur tissu, réalisation et tableaux présentés chez Henry Morgan’s à Montréal (les autres participants : Paul-Émile Borduas, Stanley Cosgrove et Robert Lapalme et F.C.A. Sullivan); une peinture murale à l’église St-Émile rue Sherbrooke est à Montréal (Robillard, Jetté et Beaudoin, architectes).

Sa première exposition individuelle a lieu en 1955 au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal.  Une autre a lieu au Centre d’arts des Jeunesses Musicales au Mont-Orford, (Québec) en 1958. La Galerie Libre de Montréal expose ses  » Gouaches récentes « , en 1963 dans laquelle se trouvent des œuvres de style expressionniste abstrait.  C’est au sujet de cette exposition que Claude Jasmin et Jacques Folch-Ribas écrivirent la critique que l’on trouvera ailleurs dans les textes critiques. Ses  » Recherches sur la Couleur  » paraissent à la Galerie d’art de l’Université du Québec à Montréal en 1977.  Puis une rétrospective de son œuvre en 1986 s’intitule :  » Cinquante années de travail 1936-1986  » à la Galerie du 22 mars pour laquelle Lise Bissonnette écrivit deux textes que l’on trouvera également dans les textes critiques.  Enfin, en 1994, une dernière exposition : « Mes jardins intérieurs  » se tient quasiment privément dans une salle des Jardins Intérieurs où il vivait alors à St Lambert.  On trouvera avec son CV quelques-unes de expositions collectives auxquelles il a participé.

Maurice Raymond a fait partie de plusieurs associations professionnelles au cours des ans.  D’abord, en 1956, il est membre fondateur de l’Association des Artistes Non-Figuratifs de Montréal.  En 1966 il participe à la fondation de la Société des Artistes professionnels du Québec (devenue depuis 1983 : Conseil des Artistes Peintres du Québec). Ses recherches sur la couleur l’amènent à joindre l’Inter-Society Color Council (États-Unis) en 1970 puis, en 1972, à devenir membre fondateur de la Société Canadienne pour la Couleur dans les Arts, l’Industrie et la Science et ensuite à être cofondateur du Centre québécois de la Couleur.  Enfin en 1978 il est élu à l’Académie Royale des Arts du Canada (R.C.A.).

Ses œuvres sont représentées dans les collections privées et publiques dont celles du Musée du Québec à Québec, du Musée des Beaux-Arts de Montréal, de la Galerie Nationale du Canada à Ottawa, du Musée d’art contemporain à Montréal, du Musée d’art de Joliette et du Musée de Lachine.

L’œuvre de Maurice Raymond, on l’a dit, s’étend sur 66 années et elle est marquée par une grande diversité de travaux et d’approches stylistiques : l’huile, l’aquarelle, la gouache, dessins au fusain, au crayon comté, au pastel de cire, collages, fresques, etc.  Il a exécuté plusieurs commandes qui l’ont amené à dessiner des blasons pour l’Université de Montréal, pour le Cardinal Léger, à composer les diplômes de l’EBA de Montréal, du Conservatoire de musique de Montréal qui demandent une connaissance de l’art du lettrage.  Dans les années 50, il a fait les plans de plusieurs objets liturgiques : ciboire, calice, ostensoir, chandelier, pour Cassidy-Maillard.  On connaît une illustration pour le calendrier produit à l’occasion de l’inauguration de l’Oratoire St-Joseph et un cahier à colorier représentant des objets du patrimoine québécois ou un livre illustré pour les élèves de deuxième année : La ronde des mots, mon deuxième livre d’exercice. Il a aussi dessiné quelques-uns de ses meubles,  etc.

C’est ainsi que nous pouvons dire qu’il a touché à bien des aspects différents du métier d’artiste : peintre, illustrateur, graphiste, professeur, chercheur, directeur des études, directeur, représentant syndical, etc. Il s’est aussi adressé à une variété importante de publics : cultivé avec les abstractions, populaire avec les dessins de chars allégoriques, jeune avec les cahiers à colorier, spécialisé par certaines commandes.   Bref, un artiste polyvalent d’un talent évident qui s’est exprimé sans relâche.

Maurice Raymond est décédé paisiblement le 20 mars 2006 à Longueuil.